« Le confesseur missionnaire »

Né en 1866 à Herceg Novi (Dalmatie), Bogdan Mandic entra chez les capucins de Bassano del Grappa (Vénétie) en 1884, et reçut à cette occasion le nom de frère Léopold. Pendant ses études de théologie, en 1887, le petit frère (il mesurait seulement 1m50 !) se sent appelé très clairement par le Seigneur à être missionnaire en Orient, pour oeuvrer
à la reconstitution de la pleine unité entre l'Eglise latine et les Eglises orientales encore séparées : « J'entendis la voix de Dieu qui m'invitait à prier et à promouvoir le retour des Dissidents orientaux à l'Unité catholique ». En 1890, il est ordonné prêtre, et reste pendant sept ans comme confesseur à Venise. Après quoi, il est nommé supérieur de l'hospice capucin de Zara pour trois ans, avant finalement de redevenir confesseur dans différents couvents, dont celui de Padoue, en 1906. Il en restera le fidèle confesseur jusqu'en 1942.

Missionnaire pour l'Orient...en Italie !

Pendant de très nombreuses années, le père Léopold attendit plein d'abandon et de foi, l'autorisation de pouvoir partir en mission en Orient. Mais ses supérieurs en décidèrent toujours autrement. Aussi, pendant longtemps, le père ne comprit pas pleinement les desseins de Dieu sur lui : appelé à partir en Orient, il se retrouvait confesseur en Italie...! Progressivement le Seigneur va introduire le Père Léopold dans l'intelligence de Ses desseins, et lui révéler que c'est bien depuis Padoue, qu'il va être missionnaire pour les orientaux. Un jour, il avouera à un de ses confrères, qui lui demandait pourquoi il ne parlait plus de partir en Orient comme auparavant : « Il y a peu de temps, j'eus l'occasion de rencontrer une sainte âme et de lui donner la communion. Après qu'elle l'eut reçue, elle me dit : '' Jésus m'a ordonné de vous dire que toute âme que vous assistez ici dans la confession, est votre Orient.'' Vous voyez donc mon cher – continua-t-il – Dieu me veut ici et non aux missions ». C'est donc à travers son humble vie de confesseur qu'il va réaliser l'appel de Dieu. En 1935, il écrivait : « selon la grâce de ma vocation en faveur des Dissidents orientaux, je m'engage par voeu : à partir de ce moment, le but exclusif de mon existence sera d'obtenir que se réalisent le plus tôt possible en faveur des Dissidents orientaux, les paroles de Notre-Seigneur Jésus-Christ : '' Il n'y aura qu'un seul bercail et un seul Pasteur'' »
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Le père Léopold fera de toute sa vie une véritable offrande en faveur de cette intention. Sa vocation oecuménique, il la vivait ainsi de façon cachée. C'est depuis son confessionnal, où il recevait sans repos d' innombrables pénitents, qu'il travaillait à l'unité de l'Eglise. En pleurant, il confiait : « Je serai missionnaire ici, dans l'obéissance et dans l'exercice de mon Ministère ». Le saint Sacrifice de la Messe, dont il faisait le centre de toute sa vie spirituelle, sera le moyen principal sur lequel il comptera pour obtenir le retour des orientaux. Il avait dans ce Mystère une foi si surnaturelle, qu'il était certain d'être exaucé dans ses intentions :  « Ce que je demande dans le sacrifice de la Messe, n'est rien en comparaison de ce que j'offre : le Fils de Dieu Lui-même. La divine Victime qui s'offre dans les Saints Mystères étant infinie, jamais la faveur qui est demandée ne sera aussi grande que la victime qui s'offre ».


Le grand amoureux du Mystère eucharistique

Les témoignages sont nombreux : le Père Léopold était littéralement passionné par le Mystère eucharistique : quand il priait devant le tabernacle, il semblait complètement transfiguré, comme en extase. Souvent, après la consécration, les larmes qui coulaient de ses yeux, trahissaient l'ardeur de son amour pour ce Sacrement si saint. Après avoir célébré la Messe, tôt le matin, il ne pouvait s'autoriser une action de grâce trop longue, car déjà de nombreux pénitents patientaient devant son confessionnal. En revanche, il pouvait s'unir depuis là à toutes les autres Messes célébrées par ses confrères : il suspendait ainsi les confessions quelques petites minutes, du Sanctus à la consécration, se levait et se plongeait mystérieusement dans le Mystère célébré quelques mètres plus loin. Tous les pénitents qui ont eu la grâce de se confesser à ce moment là, en sont ressortis profondément édifiés, et bien convaincus de la foi du saint père envers l'Eucharistie.


Le héros du confessionnal

La vie de père Léopold fut véritablement une vie héroïque. Comme saint Jean-Marie Vianney un siècle plus tôt, il se dévoua jusqu'au martyr pour le salut des âmes. Pendant quarante ans, il resta par amour du bon Dieu prisonnier volontaire d'une minuscule cellule de quelques mètres carrés. Il y restait enfermé entre dix et quinze heures par jour, oubliant le repos et la détente, et supportant patiemment ses nombreuses souffrances. Sur le mur nu de sa cellule, il pouvait contempler le Crucifié, cloué sur la Croix pour le salut des pécheurs. A sa vue, il se répétait : « Moi aussi je resterai ici jusqu'à l'épuisement, jusqu'à la mort. Les âmes ont bien plus de prix que ma pauvre vie ». Ce qui marquait le plus les pénitents qui s'approchaient de lui, ce n'étaient pas tant la faculté qu'il avait à l'instar d'autres saints, de lire dans les consciences et dans les coeurs, ou la justesse de ses conseils. Non, ce qui les attiraient, c'étaient sa bonté et sa douceur, sa compréhension si délicate de la faiblesse humaine. Les pénitents étaient véritablement ses amis, il les aimait en vérité : voilà peut-être tout le secret de son rayonnement.


Avec Marie, la Céleste Patronne

     Le 30 juillet 1942, le père Léopold, se lève de bon matin, comme à son habitude, et après une heure de prière dans la chapelle de l'infirmerie, où on l'avait installé à cause de son état, il se rend à la sacristie pour se préparer à célébrer la Messe. Pris alors d'un très violent malaise, il tombe à terre et est ramené au lit par ses frères. Il est 6 h 30. Une demi-heure plus tard, en pleine possession de ses moyens, l'héroïque confesseur de Padoue rend son âme à Dieu, en murmurant faiblement ces paroles du Salve Regina : « O clémente, ô pieuse, ô douce Vierge Marie... » La Céleste patronne, qu'il avait tant aimée, se chargeait ainsi Elle-même de conduire l'humble capucin dans les splendeurs des Cieux. Toute sa vie, le père Léopold avait nourri le projet d'écrire un livre pour démontrer que Marie était vraiment corrédemptrice et Médiatrice de toutes grâces. Il avait constamment recours à Elle, n'hésitant pas à Lui écrire des lettres toutes simples et pleines d'amour pour Lui confier ses intentions et sa personne. Une de ses plus grandes joies, était de célébrer la Messe votive en l'honneur de l'Immaculée Conception de Marie, lorsque la liturgie le permettait. Il rejoignait en cet amour filial de Marie, un autre grand capucin confesseur infatigable lui aussi : Padre Pio. Contemporains, ils acceptèrent tous les deux, l'un à Padoue, et l'autre à san Giovanni Rotondo, d'être martyrs du confessionnal pour le bien des âmes rachetées par le Précieux Sang du Christ.

Saint Léopold Mandic a été canonisé par le pape Jean-Paul II en 1983, et déclaré saint Patron de tous les confesseurs. (ci dessous, le confessionnal de St Léopold)


« Saint Léopold n'a pas laissé d'oeuvre théologique ou littéraire ; il n'a pas exercé d'attrait par sa culture ; il n'a pas fondé d'oeuvres sociales. Pour tous ceux qui le connurent, il ne fut pas autre chose qu'un simple religieux : petit et maladif. Sa grandeur est ailleurs : dans le don de soi, jour après jour, tout au long de sa vie sacerdotale, pendant cinquante-deux ans, dans le silence, dans la discrétion, dans l'humilité d'une cellule-confessionnal : « Le Bon Pasteur offre sa vie pour ses brebis. » Frère Léopold était toujours là, disponible et souriant, prudent et modeste, confident discret et père fidèle des âmes, maître respectueux et conseiller spirituel compréhensif et patient ».


Allocution de S.S Jean-Paul II pour la canonisation de St Léopold Mandic.



« Saint François se donna tout entier à Jésus crucifié, se revêtit complètement de son esprit, s'exposa aux moqueries de ses concitoyens et aux insultes de la populace. Toute sa vie ne fut que pénitence et mortification. Il ne désirait qu'une seule chose : imiter et exprimer en lui Jésus Crucifié. Cet amour de François pour Dieu le Fils incarné et mort pour nous plut souverainement à Dieu le Père : deux ans avant la mort de François, Il lui accorda ce qu'il désirait ardemment : devenir semblable au Crucifié. Par un miracle étonnant, il eut les mains et les pieds percé de clous formés de sa chair même et son côté droit transpercé jusqu'au coeur comme d'un coup de lance. C'est ainsi que François apparut parmi les hommes comme le nouveau Christ Crucifié. Ce fait qu'un homme mortel exprimât le divin Rédempteur crucifié pour nous, ne s'était jamais vu jusqu'à la venue du grand saint d'Assise ».

Des écrits de Saint Léopold




Site web (en italien): www.leopoldomandic.it

 

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(1866-1942)

Canonisé le: 16 octobre 1983  Fêté le: 12 mai

saint Léopold Mandic